Rechercher dans ma chambre

jeudi, juin 01, 2006

Le Devoir

Je donne souvent en référence des articles du Devoir. Or, plusieurs d'entre eux, vous l'aurez peut-être remarqué, sont « cadenassés » : un petit cadenas vert apparaît vis-à-vis du titre, indiquant que l'article n'est accessible qu'aux abonnés.

Un conseil, si je puis me permettre : faites-le donc. Abonnez-vous. Vous le méritez. C'est facile de trouver de l'information sur l'Internet. Trop facile, même. Un bon journal, c'est d'abord cela : de l'information, oui, mais décantée, analysée, mise en contexte puis retransmise aux lecteurs afin de nourrir sa réflexion. Moi, j'ai mes journalistes, dont je ne peux plus me passer : Louis-Gilles Francoeur, Michel David, Antoine Robitaille, Christian Rioux, Louis Cornellier, Louis Hamelin, Georges Leroux, Odile Tremblay... Grâce à eux, des liens se tissent entre les événements qui défraient les manchettes, les faits divers et les phénomènes sociaux plus lents, plus englobants, moins perceptibles.

Faites-vous donc un cadeau, abonnez-vous. Vous ne le regretterez pas. Pour 16 $ par mois, vous avez intégralement accès au journal et aux archives depuis 1992 -- quelque 250 000 articles, une mine d'or !

Et puis, il y a de ces bonheurs : vous prenez votre thé, allez vous installer confortablement devant l'ordi et pendant une heure ou deux, vous vous laissez rejoindre par le monde, atteindre par ses misères, ses dangers, ses tiraillements, ses défis, vous les intégrez à votre univers mental, vous les laissez agir sur vous, sur votre conscience. Peu à peu, vous en faites votre force, votre courage -- il en faut pour vivre -- et votre indignation. Et c'est ainsi que, sans le remarquer, vous devenez citoyen.

Ce qui n'est pas rien.

J'ai souligné plus haut le mot rejoindre pour introduire l'idée de fuite : fuite devant nos responsabilités, en tant que citoyens, à l'égard de ceux qui souffrent. Fuite devant les mensonges de nos dirigeants, devant l'avenir trop sombre, devant nous-mêmes...

Et puis, il y a ce passage d'un article qui vous a tellement touchés : un clic de souris, copier-coller, voilà, il est à vous. Vous pouvez le partager avec des amis, le mettre sur votre blogue, le commenter, le mettre en lien-hyperlien avec d'autres extraits, d'autres nouvelles et informations, et ainsi, lentement, patiemment, rejoindre d'autres âmes en fuite.

Tout ça pour 16 $ !

mercredi, mai 31, 2006

Le mouvement slow

Comment m'est venue l'idée de ce pseudonyme : Lent Slow ?

C'est une excellente question, je vous félicite.

Cela ce passait au matin, je ne dormais plus que d'un sommeil très léger, rempli d'une profusion d'images, de scènes incohérentes. Dans la toute dernière de ces scènes, j'étais un chevalier en train de dérouler un papyrus. Tiens, tiens : il n'y a rien d'écrit sur ce papyrus. Je déroule encore, jusqu'à ce qu'apparaisse au bas ma signature : Lent Slow.

Je me suis alors réveillé, en riant. Remarquez ceci : les initiales de ce pseudonyme sont aussi celles de mon nom : LS.

C'est donc dire qu'au coeur de mon identité, il y aurait cette idée de la lenteur. Que faire ?

Or, quelques années plus tard, en décembre 2004, Le Devoir lançait une invitation à ses lecteurs :

« Il y a deux semaines, notre journaliste Fabien Deglise consacrait une série d'articles au mouvement slow -- du Slow Food aux cittaslow -- tel qu'il est vécu en Italie, là où il a vu le jour. Le mouvement faisant des petits, nous invitions, en éditorial, nos lecteurs à nous parler des ' lenteurs ' du Québec. Le regard est assez pessimiste, comme en témoigne cet aperçu des lettres reçues. »

Je voulus donc répondre sans délai à cette irrésistible invitation de mon journal. Apporter l'exemple optimiste d'une lenteur assumée. Montrer, par exemple, qu'il y a plein d'avenir dans le fait de prendre quarante minutes pour manger un demi-sandwich au jambon. Que manducation rime très bien avec éducation, que nourrir le corps procède de la même nécessité que nourrir l'esprit. Qu'il s'agit toujours, en définitive, de mordre dans la vie.

Surtout, je tenais à me positionner, sur l'échiquier mondial, comme un des précurseurs du mouvement slow. Je n'allais quand même pas avoir rêvé pour rien. Je songeai à créer une association, un club, une fondation, enfin une entité juridique qui porterait mon pseudonyme.

Avec mes vieilles pantoufles décousues, déchirées, je serais le chevalier d'une cause à ma mesure. Je lutterais contre l'abrutissement de la vitesse, contre sa mécanique qui écrase tout et contre son bruit qui plonge dans la laideur tous nos gestes de tranquillité.

Cette lettre au Devoir, que je n'ai pas encore terminée, serait bien sûr signée :

Lent Slow.

samedi, mai 27, 2006

Propagande anti-iranienne : les puissances nucléaires ne respectent pas le TNP

Une dépêche d'AFP émise vendredi rapportait ce propos du directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed el-Baradeï :

« Tant que quelques pays continuerons à répéter obstinément que les armes nucléaires sont indispensables à leur sécurité, d'autres pays les voudront [... ] Nous sommes à la croisée des chemins. Soit nous commençons à nous éloigner d'un système de sécurité fondé sur les armes nucléaires, soit nous nous résignons à voir, comme l'avait prédit le président Kennedy dans les années 1960, 20 à 30 pays disposant de l'arme nucléaire [...] Les efforts pour contrôler la prolifération de ces armes ne feront que retarder l'inévitable -- un monde où chaque pays, chaque groupe, revendique sa propre arme nucléaire »

Cette remarque vise en premier lieu les États-Unis bien sûr. Ceux-ci violent en toute impunité le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en poursuivant le développement d'armes nucléaires de faible puissance, appelées mini-nukes. Ce faisant ils deviennent plus menaçants pour un pays comme l'Iran qui se voit donc justifé de chercher à obtenir l'arme nucléaire. D'autant que ce pays est cerné par les troupes états-uniennes présentes en Irak, en Arabie Saoudite, au Kazakhstan, en Afghanistan, sans compter Israël, allié indéfectible, qui est doté de l'arme nucléaire et qui a refusé de signer le TNP !

Le discours officiel relayé par les médias est que l'Iran constitue une menace à la sécurité mondiale -- rien de moins ! Or, dans les faits, il se trouve que c'est exactement le contraire. Ce sont les États-Unis qui constituent une menace directe à la sécurité iranienne : encerclement militaire, menace nucléaire, discours officiel belliqueux (inclusion de l'Iran dans « l'axe du Mal » et refus de Bush d'exclure le recours à la force) et volonté hégémonique. Tout y est !

Lire aussi le billet :

-- « Propagande anti-iranienne ». 26 mai 2006

Et cet article :

-- Taillefer, Guy. « Hans Blix craint une nouvelle course aux armements ». Le Devoir [En ligne]. (Mercredi, le 7 juin 2006). (Page consultée le 7 juin 2006)

Propagande anti-iranienne

L'entendez-vous ce bruit ? Moi, même dans ma chambre, je n'y échappe plus. Le bruit de la guerre. Pas LES guerres, celles d'Irak, du Darfour, de la Tchétchénie... non, LA guerre, celle que le gouvernement Bush est à préparer. En Iran. Remarquez, la raison est la même pour toutes : le pétrole.

Première étape : la propagande. Faire croire tout d'abord à l'opinion publique que l'Iran est dirigé par des brutes, des barbares agressifs qui répriment leur propre peuple, lequel attend désespérément d'être libéré par une « coalition » de puissances étrangères. Ensuite marteler l'idée que ces barbares constituent une menace à la « sécurité » dans la région, le Moyen-Orient, d'une part parce qu'ils cherchent à se doter de l'arme nucléaire et, d'autre part, parce qu'ils soutiennent le terrorisme et qu'ils menacent donc aussi les États-Unis.

Pour être efficace, ce discours n'a pas besoin d'être véridique, ni même vraisemblable et cohérent, il lui suffit d'être répété inlassablement, sur toutes les tribunes, dans tous les médias, et d'installer dans l'opinion publique un climat de suspicion et de peur. À cet égard, le concept « d'armes de destruction massive », inventé par l'admiration Bush dans le cadre de sa guerre au terrorisme, s'est révélé jusqu'à présent très efficace. Une fois bien installé le climat de peur irrationnelle, avancer à l'étape suivante en évoquant des scénarios d'intervention militaire, appuyés en outre sur des valeurs morales indiscutables, comme la lutte contre le Mal. De la sorte, toute forme d'opposition démocratique à la guerre sera d'emblée discréditée, réduite au silence.

Cette stratégie a beau être usée comme de la vieille corde, c'est la seule que Bush a entre les mains pour pendre haut et court le régime du président Amhadinéjad. Car le pétrole iranien est aussi convoité par des puissances régionales, comme la Russie et la Chine, qui, elles, curieusement ne se sentent pas du tout menacées par Téhéran, et qui sont prêtes à bloquer au Conseil de sécurité de l'ONU tout projet de sanctions économiques. Pourquoi pas alors des sanctions ciblées spécifiquement sur les avoirs propres des dirigeants iraniens ? Parce que ceux-ci ont vu venir le coup : pour se protéger, ils ont au début de l'année retirer les 36 milliards d'actifs qu'ils gardaient dans les coffres des banques européennes pour les transférer vers des institutions financières de Singapour, de Shanghaï, de Hong Kong et de Malaisie.

Bush n'a donc que deux options : un embargo sur les armes vendues à l'Iran -- présentement négocié au Conseil de sécurité -- ou une intervention militaire. C'est dans la perspective de cette dernière qu'il faut replacer la nouvelle du National Post, parue le 19 mai, à l'effet que le gouvernement iranien s'apprêterait -- comme les Nazis l'avaient fait durant la Seconde Guerre mondiale -- à obliger les juifs, les catholiques et les zoroastriens d'Iran à s'identifier en portant un insigne de couleur sur leurs vêtements.

Cette nouvelle, d'abord mise en doute par les experts et par la suite démentie officiellement, relève du plus pur exemple de propagande politique. L'article a d'ailleurs été retiré du site Web du National Post qui a présenté de très discrètes excuses. Rappelons qu'il s'agit de rendre le gouvernement de Téhéran abject aux yeux de l'opinion publique nord-américaine. L'auteur de l'article, Amir Taheri, est membre du Benador Associates, un cabinet de relations publiques mis sur pied en 2001 par Eleana Benador et qui fut très actif dans la campagne de propagande ayant mené à l'invasion de l'Irak.

« [M]alheureusement, nous en avons déjà assez vu de la part de ce gouvernement pour suggérer qu'il est très capable de tels actes. » (1) Qui a prononcé ces mots ? George W.  Bush ? Donald Rumsfeld ? Vous y êtes presque : Stephen Harper, la nouvelle coqueluche des Québécois !

Je ne dis pas qu'il y aura inévitablement une guerre, mais ce qui apparaît très clairement, c'est que le gouvernement des États-Unis, appuyé cette fois-ci du gouvernement très conservateur de Stephen Harper, est à préparer le terrain.

À suivre.

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(1) Buzzetti, Hélène. « Téhéran proteste auprès d'Ottawa ». Le Devoir [En ligne]. (Jeudi, 25 mai 2006) (Page consultée le 26 mai 2006)

À lire :

-- Boileau, Josée. « Déjà vu ». Le Devoir [En ligne]. (Mardi, le 6 juin 2006) (Page consultée le 6 juin 2006)

-- Cloutier, Jean-Pierre. « Autour des signes distinctifs en Iran ». Jean-Pierre Cloutier : Le blogue [En ligne]. (Dimanche, 21 mai 2006) (Page consultée le 26 mai 2006)

-- Cloutier, Jean-Pierre. « Taheri persiste et signe, et autres précisions ». Jean-Pierre Cloutier : Le blogue [En ligne]. (Mardi, 23 mai 2006) (Page consultée le 26 mai 2006)

-- Cloutier, Jean-Pierre. « Le National Post présente ses excuses ». Jean-Pierre Cloutier : Le blogue [En ligne]. (Mercredi, 24 mai 2006) (Page consultée le 26 mai 2006)

-- Desrosiers, Éric. « Perspectives - Comment faire la guerre sans se faire mal ? ». Le Devoir [En ligne]. (Mardi 23 mai 2006) (Page consultée le 26 mai 2006)

-- Reed, Fred A. « Libre opinion: L'anatomie d'un mensonge ». Le Devoir [En ligne]. (Vendredi, 26 mai 2006) (Page consultée le 26 mai 2006)

Le système de justice état-unien est vicié et dangereux

Aux États Unis, entre juin 2004 et juin 2005, « chez les Noirs âgés de 25 à 29 ans, 11,9 % étaient en prison [...], contre 3,9 % des Hispaniques et 1,7 % des Blancs du même âge. » (1)

11,9 % ! Plus d'un Noir sur dix !

Comme par hasard, c'est dans les États du Texas, de la Louisiane, du Mississipi et de la Géorgie que le taux d'incarcération est le plus élevé.

Dans le même esprit, le Comité contre la torture, de l'ONU, demande au gouvernement fédéral états-unien de « revoir ses méthodes d'exécution, en particulier en ce qui concerne l'injection létale, afin de prévenir toute souffrance ou douleur sévère. »

Le Comité se montre aussi préoccupé par des cas « de violences sexuelles à l'encontre des détenus, par le traitement des femmes détenues et par le grand nombre d'enfants condamnés à perpétuité ». (2)

Le système de justice de notre puissant voisin est vicié et dangereux.

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(1) AFP. « Mille détenus de plus par semaine aux États-Unis entre mi-2004 et mi-2005 ». Le Devoir [En ligne]. (Mardi, 23 mai 2006) (Page consultée le 23 mai 2006)

(2) Centre de nouvelles ONU. « Le Comité contre la torture estime que Guantanamo doit fermer ». Centre de nouvelles ONU [En ligne]. (Vendredi, 19 mai 2006) (Page consultée le 23 mai 2006)

Lire aussi :

Brodeur, Jean-Paul. « États-unis - Les armées de la compassion ». Le Devoir [En ligne]. (Samedi, 20 et du dimanche, 21 novembre 2004) (Page consultée le 23 mai 2006)

Sur la dépendance au pétrole

L'extrait est tiré d'un article de Louis Hamelin sur un auteur américain complètement déjanté, Kurt Vonnegut Jr :

« Sur la dépendance au pétrole : ' Comme tant de drogués sur le point d'être en manque, nos dirigeants commettent à présent des crimes violents... ' »

Ici, il faut penser à l'invasion de l'Irak, bien sûr. D'ailleurs un organe de l'ONU, le Comité contre la torture, comme pour étayer cette comparaison lumineuse de Vonnegut, se dit « préoccupé » -- un terme diplomatique signifiant choqué, indigné -- « par les allégations selon lesquelles les États-Unis ont établi des centres de détention secrets qui ne sont pas accessibles au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et [affirme] que Guantanamo doit fermer. » (1)

Le Comité contre la torture mentionne huit autres infractions au droit international -- rien de moins !

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(1) Hamelin, Louis. « Le blues de l'abattoir ». Le Devoir [En ligne]. (Samedi, 20 et dimanche, 21 mai 2006) (Page consultée le 27 avril 2007)

(2) Centre de nouvelles ONU. « Le Comité contre la torture estime que Guantanamo doit fermer ». Centre de nouvelles ONU [En ligne]. (Vendredi, 19 mai 2006) (Page consultée le 23 mai 2006)

Les 100 premiers jours du gouvernement Harper : les Québécois satisfaits !

Oui, je sais : un autre billet traitant de politique. Je deviens plat. Mais c'est vous qui ne me laissez pas le choix. Si vous preniez le temps de vous informer, vous ne seriez pas 72 % à vous déclarer satisfaits du gouvernement Harper.

72 % ! Tabarouette !

Les deux bras me sont tombés.

Pour faciliter votre retour sur Terre, voici tout d'abord le bilan que dresse Chantal Hébert des 100 premiers jours au pouvoir de ce petit George Bush canadien :

« Cent jours après l'assermentation du gouvernement Harper, le Canada a abandonné des pans complets de l'action libérale sur le front de l'environnement et de la politique autochtone. Les relations canado-américaines lui tiennent de plus en plus lieu de relations internationales. La guerre contre le terrorisme prend le pas sur l'action humanitaire. Les cinq priorités du gouvernement n'ont rien de structurant. Elles marient l'électoralisme avec le simplisme. On a affaire ici ou bien à une carence de vision ou bien à une volonté de s'assurer d'une majorité gouvernementale avant de mettre un programme véritablement conservateur en chantier. » (1)

Prochainement : Harper et la pseudo-reconnaissance de la nation québécoise.

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(1) Hébert, Chantal. « Le bulletin des 100 jours ». Le Devoir [En ligne]. (Lundi, 15 mai 2006) (Page consultée le 28 avril 2007)

La Bolivie nationalise ses ressources pétrolières et gazières

Je ne peux pas m'empêcher : un bref commentaire politique.

La Bolivie vient d'annoncer la nationalisation de ses ressources pétrolières et gazières.

Véritable commotion, en particulier au Brésil, en Argentine et en Europe. Un très bon article du Monde diplomatique fait pourtant remarquer :

« La fin de ce partage inégal a également entraîné la désapprobation de la ministre autrichienne des affaires étrangères, Mme Ursula Plassnik, présidente en exercice du Conseil des ministres de l’Union européenne (UE), lors du sommet UE-Amérique latine, tenu à Vienne du 11 au 14 mai. Déjà, le chef d’Etat accueilli avec enthousiasme, il n’y a pas si longtemps, comme ' premier président indigène de la Bolivie ' se transforme en un ' populiste ' beaucoup moins apprécié. Nul, parmi ces responsables politiques, ne s’était pourtant ému jusque-là du fait qu’aucun des plus de 70 contrats signés par les gouvernements boliviens précédents avec les multinationales n’avait été ratifié par le Congrès, comme le prévoit la Constitution bolivienne. Tous étaient donc ' hors la loi ' ».

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(1) Lemoine, Maurice. « Nationalisations en Amérique latine ». Le Monde diplomatique [En ligne]. (Jeudi, 18 mai 2006) (Page consultée le 29 avril 2007)

À lire aussi :

-- AFP. « Pétrole - Les multinationales subissent un autre revers en Équateur ». Le Devoir [En ligne]. (Mercredi, 17 mai 2006) (Page consultée le 17 mai 2006). Cet article ne traite pas de ce qui se passe en Bolivie, mais en Équateur, pays qui connaît une évolution politique similaire à celle qui a cours en Bolivie.

-- AFP. « Libre-échange : les États-Unis arrêtent les négociations avec l'Équateur ». Le Devoir [En ligne]. (Jeudi, 18 mai 2006) (Page consultée le 19 mai 2006). Un autre article sur l'Équateur.

-- Desrosiers, Éric. « Perspectives - De l'eau dans le gaz ». Le Devoir [En ligne]. (Lundi, 8 mai 2006) (Page consultée le 19 mai 2006). Un bon article, qui offre une mise en perspective intéressante.

Je ne recherche rien d'autre que d'être utile

Bon. Tabarouette ! Une semaine sans rien publier sur mon blogue. D'abord, vendredi passé, rendez-vous à l'atelier de réparation de fauteuils motorisés. Puis, samedi, Douna qui, contrairement à son habitude, n'est pas retournée chez Francine -- où elle habite temporairement -- entre ses deux quarts de travail mais est restée chez moi, avec ses livres et ses cahiers de notes éparpillés sur la table de cuisine. Je m'attendais à ce qu'elle se concentre sur ses travaux de fin de session mais la bougeotte ne l'a pas lâchée. Dimanche, après son quart du matin -- qui se termine à 3 h -- elle est aussi restée.

Privé, donc, de solitude, de quiétude et de silence, je n'ai pu retrouver cette musicalité particulière et capricieuse qui est l'incarnation de mon intériorité, ma voix intime à la source des mots.

Lundi, mardi et mercredi n'ont pas été très différents : Douna a utilisé mon ordi pour rédiger un travail, puis elle a eu besoin de moi pour la révision de ce dernier et aussi pour quelques recherches concomitantes sur l'Internet.

Je ne recherche rien d'autre en ce monde, au stade de ma vie où j'en suis, que d'être utile. C'est, en quelque sorte, un cadeau que Douna m'a fait. Pendant que je révisais son travail, elle demeurait assise près de moi, sa tête appuyée sur mon bras rachitique -- elle était épuisée -- me reniflant à la manière d'un chien, par affection peut-être, ou pour se sécuriser, je ne savais trop.

J'étais bien.

Une promenade avec Jennifer

Jennifer est venu cherché le « recyclage » hier. Une fois par semaine elle passe ainsi prendre les deux sacs remplis, l'un, de papier, l'autre, de plastique.

Tu viens avec moi ?

Comme il ne faisait pas froid dehors, j'ai accepté. Les bacs ne sont pas bien loin, à l'entrée du garage situé sous le  bloc A, lequel est attenant au mien -- le bloc D.

En une minute nous y étions. C'est court, une minute, mais comme il s'agissait de ma première promenade de l'année, je m'en suis quand même trouvé tout guilleret. En fait, non, il ne s'agissait pas de ma première promenade, laquelle remonte au 3 avril. J'étais à ce moment-là avec Francine, ma soeur handicapée. Mais avec Jennifer, depuis l'automne passé, oui, c'était la première.

Donc, nous voilà à l'endroit où sont normalement placés les bacs : oh ! Stupeur : ils n'y sont plus ! Imaginez la fête tout à coup dans ma tête : il arrivait quelque chose ! Après un long hiver figé dans le froid et la routine, enfin un événement : les bacs avaient disparu ! Non, mais quel aventure ! Je me promettais de tout raconter sur mon blogue, car une aventure n'est telle, ou ne devient telle qu'une fois racontée. Pensez aux aventures amoureuses des adolescentes...

Pour revenir aux bacs, il a fallu demander au gardien de sécurité -- il a son bureau à l'entrée du garage -- où ils étaient rendus.

Il a levé un bras, pointant de l'index : là.

On les avait simplement déplacés de quelques mètres, temporairement.

Ah.

Pour ne pas que l'aventure prenne fin de manière aussi décevante, j'ai proposé à ma charmante amie d'allonger la promenade.

Un quartier laid sous une belle journée.

Allons-y.

Un but à atteindre

L'ONU a lancé un appel : les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ne seront pas atteints sans un engagement plus soutenu de la communauté internationale.

Le premier ministre Harper, avant de répondre officiellement à cet appel à aider les pauvres, s'interrogea sur la signification de l'expression « objectifs du millénaire pour le développement ». Un sous-ministre lui fit la traduction : Millennium development goals.

Oh I see ! fit Harper.

En cette période de l'année, le mot goals soulève invariablement une vive émotion.

Le Canada, leader en matière d'aide au développement, répondit donc en envoyant sur la patinoire son meilleur marqueur, le célèbre numéro 17, un homme qui ne manquerait pas d'atteindre le but, quel qu'il fût.

La situation était fort simple : la partie était déjà terminée mais on accordait au 17, à titre humanitaire et conformément à la politique étrangère canadienne, l'occasion, une dernière fois -- son équipe venait d'être éliminée -- de s'élancer vers le but adverse.

S'agissait-il d'un moment historique ? Le 17 n'en était pas assuré, malgré, ou peut-être à cause des savantes explications d'Ottawa, dont il n'avait rien compris. Son entraîneur, qui le connaissait bien, lui résuma le tout en une image fort simple : il allait être seul sur la patinoire, il allait s'élancer vers le but et... suivre son instinct de marqueur.

Les spectateurs, informés à la dernière minute de l'événement inédit, n'avaient pas quitté leurs sièges. Ils étaient plus de 20 000, comme un mur d'enceinte opaque et oppressant. Au choc de la défaite de son équipe se mêlait donc maintenant, dans l'esprit du 17, la tension de ce moment décisif, du moins quant son avenir. Si je n'atteins pas le but, ils ne me le pardonneront pas, se dit-il. Un murmure profond tournoyait dans le noir tout autour de lui. L'air était lourd, tiède et suffocant.

Enfin il s'élança. Soulagé de ne plus avoir à réfléchir.

En traversant le centre de la patinoire, il s'empara du disque, puis accéléra en quelques foulées puissantes et élégantes. C'est curieusement lorsqu'il atteignit sa pleine vitesse qu'une première question le rattrapa. Que lui avait-il dit, au juste, cet homme ? Il s'apprêtait à retirer son uniforme quand on lui avait passé le téléphone : un appel d'Ottawa, une affaire importante. L'homme, un fonctionnaire, parlait rapidement, en employant un vocabulaire plutôt inhabituel dans un vestiaire. Qu'avait-il dit au juste ? Il avait saisi des bribes de sens : « fierté d'être canadien », « privilège », « héros », « talent », puis un mot semblable à ONG, ou OSM, OGM, OMD... Il s'agissait peut-être des gaz à effet de serre. Son beau-frère lui en avait parlé plus d'une fois. Hier encore il pestait contre Harper qui mettait la hache dans le programme... ÉnerGuide, oui, c'était cela, il se souvenait maintenant. Ouf ! Ce programme subventionnait l'isolation des maisons afin de réduire la consommation de mazout pour le chauffage. Le mazout, les gaz à effet de serre, oui... Une cause importante sans doute. L'isolation... Le beau frère ne disait-il pas pourtant que le Canada, après ce coup de hache, s'était retrouvé, justement, très isolé sur la scène internationale ? Il lui fallait suivre son instinct, voilà tout. C'est l'entraîneur qui l'avait dit, un homme qui le connaissait bien, savait tirer le meilleur de lui. L'instinct du marqueur... Ne pas réfléchir... De toute façon, il n'y avait plus à réfléchir, l'image étant fort simple : seul sur la patinoire, il s'élançait, passait la ligne bleue en s'emparant de la rondelle, fonçait à toute allure vers le but adverse... une feinte vers la gauche -- il était gaucher -- pour déplacer le gardien de but, puis vers la droite et hop ! du revers, la rondelle dans le coin supérieur, et les spectateurs se levant d'un bond, criant de joie...

C'est en amorçant sa feinte -- d'abord vers la gauche... -- qu'il remarqua qu'il n'y avait PAS de gardien de but ! -- ... puis vers la droite... -- on lui avait simplement demandé d'ATTEINDRE le but. Par automatisme il visa tout de même le coin supérieur comme prévu dans son exercice de visualisation, mais le choc émotionnnel était tel qu'il perdit le contrôle de la rondelle et qu'à la place ce fut lui qui se retrouva dans le fond de la cage. Cul par-dessus tête.

*

Lire aussi :

Buzzetti, Hélène, Castonguay, Alec. « Énerguide, un secret d'État. Ottawa refuse de dire en quoi le programme était inefficace ». Le Devoir [En ligne]. (Vendredi, le 9 juin 2006) (Page consultée le 9 juin 2006)

Me suis fait bouché

Me suis fait bouché tout à l'heure. C'est Douna, ma préposée. Tout un caractère ! Et intelligente en plus. Or, il se trouve que j'ai moi-même un sens de la répartie assez développé, et que, tout comme elle, je manque rarement une occasion de m'en servir.

Nous étions donc dans ma chambre, moi, couché, elle, s'apprêtant à me mettre mon corset. Il est 13 h 15, elle est fatiguée, la routine du travail lui pèse, tout comme à moi, d'où ce besoin partagé, pour alléger l'atmosphère, de déconner un peu.

La joute fut brève. Elle a dû d'abord m'attaquer d'une manière prévisible, je ne me souviens plus. Je me souviens seulement lui avoir répondu de manière tout aussi prévisible :

-- Tu te fous de ma gueule ou quoi !

Et elle de répondre :

-- Si tu sens que ta gueule est foutue...

C'était bien envoyé et c'était sans réplique.

Une belle journée.

vendredi, mai 26, 2006

Écriture et émotions

Tobleronline à laissé un commentaire à mon dernier billet. J'aimerais y répondre.

Bien écrire, dites-vous, n'a pas d'importance, ce qui importe surtout c'est la « valeur émotionnelle » de l'écriture.

Oui et non.

Si je vous présente un manuscrit en vous disant que je vais le faire publier, alors oui, bien écrire est important. Ce n'est pas une question de principe, ce n'est pas du purisme, c'est simplement qu'un texte bien écrit est, au-delà de l'orthographe et de la grammaire, un texte qui permet à l'émotion de « passer ». Vous pouvez avoir une très bonne idée, par exemple un événement drôle qui vous serait arrivé, si vous ne savez pas raconter, traduire en mots cet événement, l'émotion qui vous habite demeurera à jamais enfermée en vous. En vous lisant, ou en vous écoutant, les gens comprendront ce que vous avez vécu, souriront sans doute, mais l'émotion en tant que telle, ce saisissement qui amène le rire, ils ne le ressentiront pas. D'ailleurs, plus l'émotion est subtile, plus il est difficile de la rendre. C'est vrai pour un écrit, pour un film, une chanson, un tableau... L'art est affaire d'émotions ; c'est ce qui fait sa force aussi bien que son exigence.

Mon billet ne questionne pas l'écriture, qui peut être une activité très enrichissante, je pense par exemple à l'écriture des rêves qui est un outil « thérapeutique », comme vous dites, un outil d'introspection extrêmement efficace. Alors là, en effet, le style, le travail ardu de la langue, n'a pas d'importance, seule la spontanéité en a. Non, mon billet questionne plutôt le désir de ceux qui écrivent d'occuper la pensée d'autrui, ce qui est très différent. Comme je l'ai dit, ce désir traduit un manque, une profonde solitude de l'âme dont il faut au moins être conscient.

Vous dites que bien écrire n'a pas d'importance, et pourtant vous vous faites un « devoir » -- pourquoi pas un plaisir ? -- de « fouiller au moins dix blogues par jour ». Quoi, il faudrait lire ces mauvais textes par devoir ?! Ou par calcul : je lis les autres parce que je veux être lu en retour. Une échange de politesses en quelque sorte. Allez sur le blogue de Picasso, vous verrez, c'est dit textuellement.

Ce n'est pas ainsi, quant à moi, que je fonctionne. Là où mon plaisir s'arrête, je m'arrête. Si je lis chaque jour quelques billets, ce n'est pas pour d'autres raisons que le plaisir de stimuler ma propre réflexion.

jeudi, mai 04, 2006

C'était quoi, au juste, cette fièvre ?

J'avais donc mon thermomètre rectal. Ne restait plus qu'à l'introduire doucement... Voilà.

Ainsi chaque matin, quatre matins durant. Debout, dans la salle de bain, penché devant le miroir.

À la suite de quoi j'expliquai aux copains que je n'avais pas encore attrapé la fièvre des séries, et que j'en étais bien soulagé. Le grand Duquette, qui toujours se croit le plus intelligent -- il m'énerve -- fit remarquer que de toute façon elle était passée, cette fièvre. Elle durait rarement plus d'une semaine.

La question me brûlait les lèvres, mais je n'osai la lui poser, par orgueil.

C'était quoi, au juste, cette fièvre ?

dimanche, avril 30, 2006

Une action politique

Cette marche pour la paix serait un grand événement. Et moi, cette douleur au tempe à mon réveil, et cette fatigue. Une nuit de mauvais sommeil. Des cauchemars sans doute.

Il était presque midi. J'essayais de me mettre en train, tout en mangeant le restant du souper de la veille. Le journal, sur la table, était ouvert : toute l'actualité internationale en un seul coup d'oeil. Mon regard s'accrochait aux titres que je lisais avec une application exagérée.

Peu à peu, mon esprit émergeait. Des mots, puis des phrases, se formèrent : Mon camp... fout le camp... Non, bien sûr, quelle idée !

Mon camp, celui de la justice.

C'était mieux, mais... Il me fallait encore mieux...

Le monde... contre l'immonde.

Oui, voilà. Parfait. Du meilleur effet devant les caméras de télé... Sans les caméras de télé, cette marche n'en valait pas la peine. L'important était de ne pas rater ce qui, pour moi, serait une première action politique. Ne rien laisser au hasard...

Ma rêverie ne dura pas longtemps. Un grondement se fit entendre, puissant, saisissant tout, le corps, la pensée, les murs, jusqu'au sol. Je me levai, inquiet, mu par une soudaine tension intérieure.

J'étais en retard. Des militants, des milliers de militants disait la radio, marchaient vers... Au fait, où allaient-ils ? Plus moyen de m'en souvenir.

Dehors, le grondement était encore plus assourdissant. Je levai les yeux vers le ciel. C'était un avion-cargo, un Antonov immense. Il tournait au-dessus du quartier. Je pressai le pas.

En peu de temps, je rejoignis le cortège, sur Sherbrooke. De loin, celui-ci m'avait semblé avancer de manière ordonnée, sans hâte, au ralenti, eût-on dit. Mon approche apparemment coïncida avec une rupture de ce rythme. Le grondement insoutenable de l'Antonov... Je criai : « Allons ! Allons ! Plus vite ! ». Mais nul n'entendit. Je criai à nouveau, puis à nouveau... L'immense avion-cargo tournoyait au-dessus de nos têtes comme un vautour, encore plus bas que tout à l'heure. L'exubérance, les slogans scandés à pleine voix, les cris de ralliement, propres à ce genre de rassemblement, toute cette force en marche n'avait peut-être existé que dans ma tête... Je ne savais plus. Le cortège n'avançait plus. Se désagrégeait. Nul exubérance. Que désordre et panique maintenant.

Je levai encore une fois -- courageusement -- les yeux. Et ce fut alors comme un coup de tonnerre dans mon sang. Je sus qu'il s'agissait de l'Antonov, celui-là et pas un autre, nul doute, utilisé par le gouvernement soudanais pour bombarder les populations innocentes du Darfour. Des milliers de victimes. Un communiqué dans le journal, hier...

Tout à coup j'entendis : « C'est lui ! » Le cri venait de près de moi, bientôt relayé par un autre, puis un autre plus loin. Une onde noire traversa la foule. Des regards chargés d'hostilité se braquèrent sur moi. « C'est lui ! ». Quelqu'un voulut m'empoigner mais je lui échappai. Je bousculai de même deux autres assaillants et me mis à courir.

Je ne regardais pas où j'allais. Je fuyais. Je n'entendais plus le grondement. Que, dans mes oreilles, un bourdonnement douloureux. Je courus. Longtemps. Jusqu'à perdre haleine, jusqu'à un terrain vague. L'Antonov ne me quittait pas. Je le savais, le sentais. Tournoyant, m'étourdissant. Je perdis pied et me retrouvai, exténué, transi d'effroi, étendu parmi les mégots, les canettes, tessons et autres détritus.

La masse gigantesque vibrant en moi. Mes deux paumes sur les oreilles...

Je m'évanouis.

vendredi, avril 28, 2006

La « fièvre des séries » ?

« La fièvre des séries s'empare de Montréal ! »

La nouvelle, à la une de tous les grands quotidiens, m'a plongé dans l'inquiétude.

Quoi ! J'attendais la grippe aviaire, dont la souche H5N1 est, de l'avis des spécialistes, particulièrement virulente. Mais plutôt, cette fièvre...

Me voilà destabilisé, comme pris de court.

Et de quel virus est-elle le symptôme, cette fièvre ? Aucun des articles lus -- par ailleurs incompréhensibles -- n'était même intéressé à la question.

Donc, je descends à la pharmacie située dans le centre d'achat, sous l'édifice où j'habite. J'explique à la seule personne qui s'y trouve la raison qui m'amène. Celle-ci, après une brève hésitation, s'éloigna jusqu'à un rayon, hors de ma vue.

Quand finalement je me décidai à l'y rejoindre, elle réapparaissait :

Voici. C'est le seul que nous avons.

Parfait, répondis-je.

J'avais mon thermomètre rectal.

Un moment de distraction

Hier, faisant mon premier sudoku, je me suis trouvé, par hasard, à m'injecter une dose de thiopental de sodium.

La seringue était là, sur la table, selon toute évidence. Je l'aurai prise. Voilà.

La deuxième seringue, elle, contenait du bromure de pancuronium, et la troisième, du chlorure de potassium. Que ces trois substances se soient retrouvées, pour ainsi dire à mon insu, à l'intérieur de mon organisme, mélangées au sang, illustre assez bien, je crois, la faiblesse de ma vigilance.

Un ami à qui je téléphonai le lendemain avança toutefois l'hypothèse suivante : c'est le sudoku, dont la résolution par calcul mental exige un important effort de concentration, qui m'aura été fatal.

Fatal ?

Oui, ajouta-t-il, ces trois substances sont celles injectées au condamné à mort aux États-Unis. Elles sont létales.

Je raccrochai.

*

Sur le même sujet :

-- AFP. « Injections anticonstitutionnelles ». Le Devoir [En ligne]. (Samedi, 16 et dimanche, 17 décembre 2006) (Page consultée le 9 février 2007)

-- Human Rights Watch. « États-Unis : Négligence dans l’emploi des injections létales ». hcr.org [En ligne] (Lundi, 24 avril 2006) (Page consultée le 13 février 2008)