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mercredi, février 14, 2007

Parasites

« C'est toutefois dans le monde des parasites que l'on retrouve les formes les plus extrêmes de monogamie. La vie de couple atteint un paroxysme chez les membres -- hermaphrodites -- du genre Diplozoon qui fusionnent leurs tissus génitaux pour la vie, ce qui leur permet d'échanger des gamètes durant toute leur existence. » (1)
D’où cette idée toute naturelle :
-- Dis Douna, si on fusionnait nos tissus génitaux pour la vie ? Hein ?
Après tout, ne me suis-je pas acquis, au fil des ans, un solide statut de parasite social ?
Je suis, depuis une vingtaine d'années, prestataire du Programme d’aide sociale. Sans parler de l’allocation que je reçois du CLSC pour mes services d’aide physique. Quarante-cinq heures de services par semaine, ce n’est pas rien. Sans parler également du supplément au loyer, un autre programme très utile qui me permet de ne payer que la moitié du loyer.
Au total, c’est 40 000 $ qui sont pris chaque année dans les poches des contribuables. Le salaire d’un col bleu. Et en retour, qu’est ce que je leur rapporte aux contribuables, hein ?
Je suis une espèce de col bleu rabougri, amaigri, affaibli, tordu de corps et d’esprit, aigri certes, de plus en plus, mais en vie.
J’ai même des ambitions ! Le poste de lieutenant-gouverneur. L’honorable Lise Thibault, qui l’occupe depuis 1997, a droit à toute mon admiration. Voyez les chiffres récents : un garden party à 59 000 $, une fête de Noël à 30 000 dollars... (2)
Si elle n’était pas, elle aussi, en fauteuil roulant, je crois bien que je ne résisterais pas au désir de fusionner avec l’honorable.
On se scandalise du train de vie du parasite Thibault ? Un instant !
D’abord le train émet moins de gaz à effet de serre (GES) que vos voitures. Ensuite, d’un point de vue environnemental, votre mode de vie est une catastrophe. Et je ne parle pas ici que du réchauffement climatique, même si, à lui seul, le mégaphénomène engendrera plus de destruction, à l’échelle planétaire, que toutes les guerres menées depuis que l’homme existe. J’exagère ? Vous en parlerez à vos enfants ou petits-enfants dans une quarantaine d’années. Ou aux pauvres dans les pays du Sud, lesquels seront les plus durement affectés, notamment à cause des pénuries d’eau. Des millions de morts. Tout cela, j’insiste, est maintenant documenté et bien connu.
Serions-nous les parasites des pauvres ?
Mais il y a en outre tous ces « biens » que nous consommons. Pour les produire, il a bien fallu polluer, rejeter sans traitement, directement dans l’environnement des substances toxiques. Je dis : il a bien fallu... En fait, il s’agit d’un choix social. Car cette pollution a un coût – appelé, dans le jargon comptable, externalité – qui n’est pas inclus dans le prix de nos téléphones cellulaires, ordinateurs, écrans au plasma, gadgets divers, motoneiges, VTT, peintures, etc. Ce coût, dont nous ne voulons surtout pas assumer la charge, est évidemment mis à la charge des générations à venir. (3)
Serions-nous les parasites des jeunes générations ?
Douna -- que j’appelle « parasite de mon cul » parce qu’elle ne manque jamais une occasion de me donner deux ou trois tapes furieuses sur les fesses, comme à un polisson – Douna ne veut pas fusionner ses tissus génitaux avec les miens pour la vie.
Pour dix minutes alors ?
Pas grave. Gna. Je trouverai quelqu’une d’autre.
C’est pas le choix qui manque.
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(1) Gravel, Pauline. « Entrevue avec le chercheur Frank Cézilly - La monogamie chez les animaux est plutôt l'exception que la règle ». Le Devoir [En ligne]. (Lundi, 22 janvier 2007) (Page consultée le 12 février 2007)
(2) Shields, Alexandre. « Lieutenante-gouverneure du Québec depuis 1997 - Le train de vie de Lise Thibault suscite la controverse ». Le Devoir [En ligne]. (Samedi 10 et dimanche 11 février 2007) (Page consultée le 12 février 2007)
(3) Des dizaines de milliers de substances toxiques, sans compter les centaines de nouvelles créées chaque jour, et en excluant toutes celles qui seront bientôt issues du domaine des nanotechnologies. Parmi les plus connues : bromure de méthyle, chloramines inorganiques, COV, dioxines, eaux usées chlorées, furanes, glyphosate, hydrates de gaz, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), jachère chimique, mercureméthylisé, méthane, BPC et chlorobenzènes, organofluorés utilisés comme produits ignifuges, oxydes d'azote, perturbateurs endocriniens, phytocides, glyphosate, polybromodiphényléthers, protoxyde d’azote, tributylétain (TBT), trichloroéthylène (TCE)

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